Présentation Photographes 2012

UniversitĂ© Royale des Beaux-Arts // Khvay Samnang // Hong Menea // Matthieu Gafsou // Rasel Chowdhury // Le “rĂŞve bleu” des enfants

L’UniversitĂ© Royale des Beaux-Arts accueille les expositions

The Royal Université of Fine Arts exhibits

 

 Nature humaine – Khvay Samnang

Cette série est un pur produit de la logique de PhotoPhnomPenh. En effet, l’an passé, durant l’échange « Intersection » qui permet à un photographe cambodgien de travailler en dialogue avec l’un des exposants étrangers invités, Khvay Samnang s’est ouvert auprès de son binôme Kent Klich de sa difficulté, depuis des années, à réaliser la série de portraits de ses voisins qu’il souhaitait, après ceux de ses élèves que nous avions présentée dès la première édition du festival, en 2008, finaliser. Samnang est un artiste, un professeur de dessin et, parmi ses réalisation les plus remarquables, il invente des masques et donne un sens nouveau à cette tradition venue du Ballet. Sur une suggestion de Kent, il a proposé à ses voisins qui refusaient de montrer leur visage de choisir un de ses masques et de le porter pour la séance photo. De là est née cette série rare, interrogation profonde sur l’identité, sur la façon mystérieuse dont on s’en approprie une autre, sur la façon aussi dont les univers dans lesquels vivent les personnages dresse leur portrait, par petites touches, par indices. Entre poésie, étrangeté, couleurs somptueuses, jeu et sérieux, cette série est tour à tour charmante, documentaire, bouleversante et émouvante. Elle est aussi très belle.

Human nature – Khvay Samnang

This series is a pure product of the logic of PhotoPhnomPenh. Indeed, last year during the “Intersection” exchange, during which a Cambodian photographer works in tandem with one of our foreign participants, Khvay Samnang explained to his partner, photographer Kent Klich, his difficulty, which persisted for years, in completing the series of portraits of his neighbors. Samnang is an artist and a professor of drawing and the portraits of his students had been presented at the first edition of the festival in 2008. Among his most remarkable accomplishments are the introduction of masks that give new meaning to this particular tradition which has its origins in the ballet. On Kent’s suggestion, he proposed to those of his neighbors who refused to show their faces to choose a mask to wear during their photo session. Thus was born an unusual
series, a profound questioning of identity: the mysterious way in which the face of another can be appropriated, and of the way in which the worlds these personages live contribute to their portraits, in small touches. This series is by turns charming, documentary, upsetting and moving. It is also quite beautiful.

Le temps qui passe – Hong Menea

Installé en surplomb, ce jeune photographe qui présente sa première exposition dresse un portrait amusé et amusant de Phnom Penh. Il se concentre sur les invraisemblables charges qui  circulent sur deux, trois ou quatre rues dans les artères de la ville et semblent un véritable défi à l’équilibre, à la résistance des petits moteurs et à la raison. Une moto peut ainsi transporter aussi bien quatre lits que quatre policiers (sans casque…) que tracter une remorque chargée de tant de tuyaux bleus qu’ils deviennent une magnifique sculpture. Dans des couleurs fines, en restituant le mouvement par des fonds filés, il isole et fige avec humour ces scènes que nous croisons souvent mais ne voyons jamais vraiment.

Passing time – Hong Menea

From above, this young photographer presents, in his first exhibition, an amused and amusing portrait of Phnom Penh. He concentrates on the unbelievable loads being transported in several streets of the city. They seem to defy equilibrium, reason, and small motors. A motorbike thus might carry four beds or four policemen (without helmets…) or pulling a tow-truck loaded with so many blue pipes that they become a magnificent sculpture.  Using subtle colors and restoring movement through speed-effect photo back ground, he isolates and crystallizes scenes that we often pass by, but never really see.

 

Les Alpes – Matthieu Gafsou

Certes, pour chacun d’entre nous, le paysage originel, l’espace de départ existent. Mais, s’agissant du paysage, c’est celui qui regarde et découpe cet espace pour le remettre en forme qui l’invente. Suisse – mais il a produit également de remarquable travaux dans les pays méditerranéens, en Tunisie ou dans l’espace conflictuel d’Israël et de la Palestine – Matthieu Gafsou propose, avec une précision qui se teinte parfois d’humour, de revoir ce que sont devenues les Alpes aujourd’hui. Une montagne qui n’est plus intouchée même si roches et glaciers restent impressionnants. Touristes, amateurs de sports d’hiver, toute une foule se presse dans ces espaces que le photographe reconstruit dans une alternance rigoureuse de vues amples et de petites anecdotes significatives. Comme toujours, c’est avec une extrême finesse qu’il ravaille la couleur et nous invite à dépasser la contemplation pour réfléchir à nos comportements.

The Alps – Matthieu Gafsou

Admittedly, for each of us, an original landscape, a space of departure exists. But when it comes to landscape, the one who looks at it and parcels out the space, invents it by putting it into a form. Gafsou is Swiss, but he has produced equally remarkable work in Mediterranean countries, in Tunisia, and in the conflicted space of Israel and Palestine. Here he offers, with a precision sometimes tinted with humor, another look at what the Alps have become today. A mountain that is no longer untouched, even though its boulders and glaciers remain impressive. Tourists, winter sports enthusiasts, a whole crowd hurries into these spaces which the photographer reconstructs, in rigorous alternation, expansive views and small significant anecdotes. As always, his color is done with an extreme delicacy, and he invites us to go beyond contemplation to reflect on our own behavior.

 

Urbanisation desespĂ©rĂ©e – Rasel Chowdhury

Une nouvelle découverte, de celles que sait en proposer Pathshala, la remarquable école créée et animée par Shahidul Alam et qui fait du Bangladesh un des territoires les plus remarquables de la photographie documentaire. Ce tout jeune homme, qui a également suivi les ateliers de Munem Wassif et de Sohrab Hura traite de la pollution dans son pays d’une façon à la fois spectaculaire, originale et délicate. Un véritable travail de paysagiste, dans des couleurs raffinées, comme estompées, dont on découvre peu à peu qu’elles sont dues aux poussières en suspension, aux fumées, à la contamination. Dans des cadres amples, avec un sens étonnant de l’ampleur de l’espace et une distance toujours pertinente, il dresse calmement le panorama d’un désastre.

Desperate urbanization – Rasel Chowdhury

A new discovery from the remarkable Pathshala School, founded and run by Shahidul Alam, a school that makes Bangladesh one of the most notable places for documentary photography. This very young man, who also participated in the workshops of Munem Wassif and Sohrab Hura, treats the pollution of his country in a manner that is at once spectacular, original, and delicate. A veritable work of landscape art, in refined, somewhat blurred and faded colors – An effect that we realize, little by little, is due to dust suspended in the air, to smoke, and to contamination. In large-scale frames, giving an astonishing sense of the pertinence of the grandeur of space and distance, he calmly draws the panorama of a disaster.

 


Les « rêve bleu » des enfants

Depuis un an Philong Sovan  fait travailler six enfants de son village, à 45 kilomètres de Phnom Penh, dans la province de Takeo. Ils ont produit des images de leur environnement, de leur quotidien, entre maison, école et rizière et construit un ensemble qui donne un point de vue de l’intérieur tout en révélant leur plaisir et leurs
étonnements à la découverte de la photographie. Dans une étonnante série à tonalité bleue qui se situe sur le lac près du village, lieu essentiel pour leurs conditions de vie mais aussi dans leur imaginaire, deux jumelles âgées de 14 ans, Tiny  et Titon, ont inventé un petit conte poétique, entre rêve et réalité, qui réinvente de façon troublante une fin de journée.

The Cambodian Childrens’ “blue dream”

For one year, Philong Sovan supervised the work of six children in his village, 45 kilometers from Phnom Penh, in Takeo province. They produced images of their environment, of their daily lives at home, in school, and in the rice fields, and put together an ensemble that gives an interior point of view while revealing their pleasure and astonishment for photography.  In an amazing series entirely in a blue tonality, which is located on the lake near their village, a place essential for their living conditions but also for their imaginations, two twin girls, 14 years old, invented this little poetic tale, midway between dream and reality, which reinvents in a disquieting way the end of a day.